Guide fumisterie

Comment tuber une cheminée ?

Le tubage consiste à introduire un conduit métallique continu dans un ancien conduit maçonné pour évacuer les fumées d’un appareil compatible. Il améliore l’étanchéité et adapte la section, mais ne transforme pas automatiquement une cheminée dégradée en installation conforme. Diagnostic, dimensionnement, ramonage et pose professionnelle sont essentiels.

Qu’est-ce que le tubage d’une cheminée ?

Le principe

Tuber une cheminée revient à installer, sur toute la longueur utile du conduit existant, un tube en inox ou un système équivalent adapté aux fumées de l’appareil. Le tubage crée une paroi intérieure continue, plus étanche et de section maîtrisée. Il est raccordé à l’appareil en partie basse et terminé par les accessoires prévus en sortie.

Le tube n’est pas le tuyau de raccordement visible entre le poêle et le plafond. Il ne doit pas être utilisé pour traverser librement un bâtiment sans le conduit ou la gaine pour lesquels il est conçu. Le système complet doit résister à la température, à la corrosion, aux condensats et, pour le bois, au feu de suie selon sa désignation.

Dans quels cas faut-il tuber une cheminée ?

Le tubage est fréquent lors du raccordement d’un poêle, d’un insert ou d’une chaudière moderne à un ancien conduit maçonné. Il peut être nécessaire lorsque la section est trop grande, la paroi insuffisamment étanche ou la géométrie mal adaptée au nouvel appareil.

  • Remplacement d’un foyer ouvert par un insert ou un poêle.
  • Ancien conduit maçonné dont l’étanchéité aux fumées n’est plus suffisante.
  • Section à adapter pour stabiliser le tirage et limiter le refroidissement des fumées.
  • Protection de la maçonnerie contre certains condensats corrosifs.
  • Mise en conformité prévue par la notice du nouvel appareil et l’étude de fumisterie.
  • Rénovation après diagnostic, à condition que le conduit support soit encore stable.

Un tubage ne répare pas une cheminée menaçant de s’effondrer, une souche fissurée ou des distances de sécurité non respectées. Il ne corrige pas non plus une hauteur insuffisante ou un débouché mal placé. Ces défauts doivent être traités séparément.

Quels contrôles effectuer avant de tuber ?

Le NF DTU 24.1 impose une préparation rigoureuse. Le conduit existant doit être identifié, accessible, continu et compatible avec le système choisi. Un professionnel contrôle son tracé, sa section, sa stabilité et son environnement.

  1. Identifier l’appareil et le combustible

    Puissance, température des fumées, rendement, diamètre de buse, pression, fonctionnement sec ou humide et prescriptions du fabricant déterminent le système.

  2. Inspecter le conduit existant

    Une inspection visuelle ou vidéo recherche fissures, dévoiements, étranglements, anciens raccordements, corps étrangers, humidité et défauts de souche.

  3. Ramoner mécaniquement

    Le conduit doit être ramoné sur toute sa hauteur. Le professionnel évalue la nature des résidus recueillis.

  4. Débistrer si nécessaire

    Un dépôt dur et goudronneux ne doit pas être enfermé entre maçonnerie et tube. Il peut s’enflammer et transmettre une forte chaleur au bâtiment.

  5. Vérifier les distances de sécurité

    La présence du tube ne dispense pas de contrôler les écarts entre le conduit d’origine et la charpente, les planchers, les isolants et les autres matériaux combustibles.

  6. Dimensionner le système

    Le diamètre n’est pas choisi uniquement en recopiant celui de la buse. Une note de calcul peut être nécessaire selon l’appareil, la hauteur et le parcours.

Tubage flexible ou rigide : que choisir ?

TypeUtilisationPoints d’attention
Flexible double peauRénovation d’un conduit maçonné avec dévoiements compatibles.Sens de pose, rayon de courbure, traction et risque d’endommagement à respecter strictement.
Rigide simple paroiConduit droit ou assemblage dans une gaine maçonnée adaptée.Emboîtements, sens des condensats, colliers et dilatation selon le fabricant.
Conduit métallique isoléCréation ou remplacement d’un conduit lorsque le support maçonné n’est pas utilisé comme gaine de tubage.Il s’agit d’un système distinct avec ses propres traversées, supports et distances de sécurité.

Pour le bois, un flexible simple peau ancien ou destiné à un autre usage n’est pas automatiquement compatible. Le marquage du tube indique notamment classe de température, pression, résistance aux condensats, corrosion, feu de suie et distance aux combustibles. Le professionnel vérifie toute la désignation, pas seulement le diamètre.

Comment déterminer le diamètre du tubage ?

Un tube trop petit freine l’évacuation et peut provoquer refoulement ou encrassement. Un tube trop grand refroidit les fumées, dégrade le tirage et favorise les condensations. Le diamètre de sortie de l’appareil constitue un point de départ, mais les réductions ou augmentations sont encadrées.

Le calcul tient compte de la puissance, du combustible, du débit et de la température des fumées, de la hauteur du conduit, des coudes, de l’altitude, de l’isolation et de la dépression requise. Les normes NF EN 13384 peuvent être mobilisées pour le dimensionnement. N’achetez pas le tube avant cette validation.

Quelles sont les étapes pour tuber une cheminée ?

Une pose à confier à un fumiste

Le travail en toiture, la manutention d’un tube long, le risque de déchirure, le raccordement étanche et les règles incendie rendent l’opération inadaptée à un simple tutoriel de bricolage. Les étapes ci-dessous décrivent le chantier, mais ne remplacent ni l’étude ni la notice du système.

  1. Préparer et sécuriser les accès

    Le foyer, le pied de conduit, les trappes et la toiture sont protégés. Le travail en hauteur utilise les dispositifs antichute et les conditions météorologiques requises.

  2. Préparer le conduit

    Après ramonage et éventuel débistrage, les obstacles, anciens raccordements et parties incompatibles sont traités. La maçonnerie instable est réparée.

  3. Assembler ou guider le tube

    Le flexible est orienté dans son sens de fumée et de condensats, protégé pendant la descente et guidé sans forcer. Les éléments rigides sont emboîtés et verrouillés selon la documentation.

  4. Raccorder la partie basse

    Un té, un élément de visite, une récupération de condensats ou un adaptateur peuvent être nécessaires. Le raccordement reste accessible pour l’entretien.

  5. Fixer et terminer en partie haute

    La plaque, le collier, l’étanchéité et le terminal sont ceux du système. Le tube doit pouvoir se dilater sans que son poids repose sur l’appareil.

  6. Ventiler l’espace annulaire si requis

    L’espace entre le tube et le conduit d’origine est traité selon le NF DTU et la notice. Il ne doit pas être rempli avec un isolant improvisé.

  7. Poser la plaque signalétique et contrôler

    La désignation, le diamètre, le combustible et l’installateur sont documentés. Le tirage, les raccords et l’absence de fuite sont vérifiés avant la mise en service.

Les règles essentielles à respecter

  • Le tubage doit être continu : il est interdit de ne tuber qu’une partie du parcours actif.
  • Le conduit doit être ramoné et, si nécessaire, débistré avant la pose.
  • Le tube doit être compatible avec l’appareil, le combustible et les conditions de fonctionnement.
  • Les emboîtements sont orientés selon le système afin de gérer fumées et condensats.
  • La section est dimensionnée et ne doit pas être réduite arbitrairement.
  • Les distances de sécurité du conduit existant restent à contrôler.
  • Le raccordement, le pied, le haut du tubage et les trappes doivent rester entretenables.
  • Un même tubage ne reçoit pas plusieurs appareils sauf conception collective spécifiquement prévue.

L’isolation autour d’un conduit en brique doit être coordonnée avec le tubage. Ne laissez pas l’entreprise d’isolation recouvrir la zone avant que les distances, les arrêtoirs et la ventilation aient été définis.

Comment contrôler et entretenir une cheminée tubée ?

À la mise en service, l’installateur vérifie le fonctionnement, explique les réglages et remet les documents du système. Conservez facture, notice, calcul éventuel, photos, plaque signalétique et attestation de fin de travaux.

Le conduit tubé reste soumis au ramonage périodique. Le hérisson doit être compatible, généralement synthétique pour ne pas endommager l’inox. Une brosse métallique inadaptée peut rayer la paroi. Consultez notre sélection des outils selon le type de conduit.

Une inspection est nécessaire après un feu de conduit, une longue période d’arrêt, des travaux de toiture, un choc, une corrosion visible ou un changement d’appareil. Odeur, condensat, taches d’humidité, bruit ou refoulement justifient l’arrêt et le diagnostic.

Les erreurs fréquentes lors d’un tubage

  • Choisir le diamètre sans calcul ni vérification de la notice de l’appareil.
  • Poser un tube seulement sur une partie du conduit existant.
  • Enfermer du bistre ou des gravats sans ramonage et inspection préalables.
  • Forcer un flexible dans un coude et déchirer sa paroi pendant la descente.
  • Monter les éléments ou le flexible dans le mauvais sens.
  • Faire porter le poids du tubage sur la buse de l’appareil.
  • Combler l’espace annulaire avec un isolant ou une mousse non prévus.
  • Oublier l’accès au té, au tampon, aux condensats ou aux trappes.
  • Supposer que le tubage corrige une maçonnerie instable ou un écart au feu insuffisant.
  • Utiliser un hérisson métallique agressif pour le ramonage ultérieur.

Combien coûte le tubage d’une cheminée ?

Le budget dépend du diamètre, de la qualité d’inox, du flexible ou rigide, de la hauteur, des dévoiements, de l’accès en toiture, du débistrage, des raccords et des finitions. Les chantiers simples peuvent représenter quelques milliers d’euros, mais seule une visite permet un chiffrage fiable.

Demandez un devis distinguant diagnostic, ramonage, débistrage, fourniture du tube, accessoires bas et haut, sécurisation de toiture, raccordement, ventilation, plaque signalétique, essais et remise en état. La page consacrée aux prix des prestations de ramonage et de fumisterie explique les principaux écarts de coût.

Comparez surtout les solutions techniques, les références de produits, les garanties et l’assurance de l’entreprise. Un prix bas obtenu en supprimant l’inspection ou les accessoires réglementaires peut entraîner une reprise complète du chantier.

Questions fréquentes

Est-il obligatoire de tuber une cheminée ?

Pas dans toutes les situations, mais le tubage devient nécessaire lorsque l’appareil, l’état, l’étanchéité ou le dimensionnement du conduit l’exigent. L’étude de fumisterie et la notice déterminent la solution.

Peut-on tuber une cheminée soi-même ?

La technicité, le travail en hauteur et les risques d’incendie rendent une pose professionnelle fortement recommandée. Le système doit être dimensionné, continu, compatible et contrôlé avant la mise en service.

Faut-il ramoner avant de poser le tubage ?

Oui. Le conduit doit être ramoné, inspecté et débistré si nécessaire. Enfermer un dépôt combustible entre le tube et la maçonnerie constitue un risque majeur.

Peut-on tuber seulement la moitié d’un conduit ?

Non. Le tubage d’un conduit de fumée ne doit pas être partiel. Il doit assurer une continuité sur tout le parcours prévu par la conception et être raccordé avec les composants adaptés.

Quel diamètre choisir pour un tubage de cheminée ?

Le diamètre dépend de la buse, de la puissance, des fumées, de la hauteur et des coudes. Une note de calcul peut être nécessaire. Il ne faut pas réduire arbitrairement la section pour faciliter la pose.

Quelle différence entre tubage flexible et conduit isolé ?

Le flexible est généralement inséré dans un conduit maçonné existant. Un conduit isolé double paroi est un système autonome destiné à créer ou remplacer un conduit, avec ses propres supports et distances de sécurité.

Peut-on isoler autour du tubage avec de la laine de roche ?

Pas librement. L’espace annulaire et les ventilations suivent le NF DTU 24.1 et la notice du système. Un remplissage improvisé peut provoquer une surchauffe ou retenir l’humidité.

Comment ramoner une cheminée tubée ?

Utilisez une brosse compatible avec le matériau et le diamètre, souvent en polyamide pour l’inox. Le ramonage réglementaire est réalisé par un professionnel qualifié qui remet une attestation.

Un tubage est un système, pas un simple tube

Une cheminée se tube après diagnostic, ramonage, éventuel débistrage et dimensionnement. Le flexible ou le rigide doit être continu, compatible, correctement orienté, fixé et accessible pour l’entretien. Les distances de sécurité et l’état de la maçonnerie restent à traiter. Confier l’étude et la pose à un fumiste permet de relier chaque composant aux règles du NF DTU 24.1 et aux exigences de l’appareil.